Gabriel Attal dévoile un système capable de rapporter des milliards d’euros au PS

Gabriel Attal dévoile un système capable de rapporter des milliards d’euros au PS

Gabriel Attal a présenté un système de retraite universel qui, selon lui, pourrait rapporter des milliards d’euros à l’économie française. Du côté du PS, Philippe Brun avance une idée voisine. La capitalisation n’est plus un tabou.

Gabriel Attal dévoile un système de retraite capable de mobiliser des milliards d’euros

L’ancien Premier ministre a exposé son projet dans une interview à BFMTV. Il compte remplacer l’âge légal par la durée de cotisation. « Vous partez tôt, vous avez peu. Vous partez tard, vous avez plus », a-t-il résumé. Ce système universel inclurait une part de capitalisation.

Selon Gabriel Attal, cette capitalisation serait « bonne pour le système » et pour le niveau des pensions. Elle permettrait de collecter des fonds considérables pour financer les entreprises. Le député veut ainsi sortir des réformes paramétriques classiques, qui se contentent de reculer l’âge de départ ou d’augmenter les cotisations.

Philippe Brun et le parti socialiste emboîtent le pas

Le député socialiste Philippe Brun, candidat à la primaire de la gauche, propose aussi une capitalisation collective. Son projet s’appuie sur une « caisse populaire » qui placerait une partie de l’épargne dans l’économie française. Une position qui marque une évolution au sein du parti socialiste.

Cette convergence politique interroge. Pendant des décennies, la capitalisation était un marqueur de la droite. Aujourd’hui, des voix s’élèvent à gauche pour défendre un système mixte, alliant répartition et épargne investie. La réforme des retraites devient un terrain commun.

Retraite par capitalisation : comment ce système peut-il rapporter des milliards ?

Dans le système par répartition, les cotisations des actifs paient directement les pensions des retraités. Avec la capitalisation, chaque actif épargne pendant sa carrière. Les sommes sont investies sur les marchés et restituées au moment de la retraite, sous forme de rente ou de capital.

La France possède déjà des outils comme le plan d’épargne retraite (PER). Fin 2025, les PER comptaient 12,9 millions de titulaires et 150,4 milliards d’euros d’encours, selon Bercy. Ce montant progresse de 20 % sur un an. Autre fait marquant : plus de 60 % des actifs de ces plans financent directement des entreprises via des actions ou des obligations.

Les chiffres qui montrent le potentiel de financement

  • 📊 150,4 milliards d’euros d’encours dans les PER à fin 2025, en hausse de 20 %.
  • 🏭 Plus de 60 % des actifs des PER financent des entreprises via des actions ou obligations.
  • 🌍 12,9 % du PIB français est investi en capitalisation, contre 151 % aux Pays-Bas et 153 % aux États-Unis.
  • 💰 La capitalisation ne représente que 2 % des prestations de retraite en France, contre 18 % en moyenne dans l’OCDE.

Ces écarts montrent le gisement potentiel. Une augmentation de la capitalisation pourrait débloquer des centaines de milliards d’euros pour l’économie réelle. C’est l’argument avancé par Sébastien Martin, ministre de l’Industrie, qui évoque « récolter des milliards et des milliards d’euros ».

Investir dans les infrastructures et la transition énergétique

Les sommes accumulées peuvent financer des projets de long terme. Les entreprises, les routes, les réseaux électriques ou les usines bénéficieraient de ces capitaux. Le vieillissement démographique deviendrait alors un atout, et non plus une charge pour le budget public.

Un exemple concret : un salarié qui place 150 euros par mois sur un PER pendant 35 ans, avec un rendement moyen de 4 % par an, obtient environ 130 000 euros à la retraite. Cette épargne, investie dans des titres d’entreprises, alimente la croissance. C’est tout le pari de la capitalisation.

Le casse-tête de la transition vers un système mixte

Instaurer une part de capitalisation ne se fait pas sans coût. Pour basculer une partie des cotisations vers des fonds, il faut continuer à payer les pensions actuelles. Les actifs devraient donc cotiser deux fois : pour leurs aînés et pour leur propre épargne.

Selon le think tank Fipeco, cette transition exigerait soit une hausse des prélèvements, soit une baisse temporaire des pensions, soit davantage de dette. Aucune de ces pistes n’est neutre pour le financement de la protection sociale. Le débat s’annonce vif dans la campagne de 2027.

Les épargnants face aux aléas des marchés

Les futurs retraités supporteraient un risque supplémentaire. Une crise boursière au moment du départ peut réduire le capital. Les frais de gestion pèsent aussi sur les performances. Imaginons que les marchés chutent de 20 % l’année du départ : le montant disponible perd du terrain.

Les projets français envisagent donc un système mixte, avec une gestion collective par les partenaires sociaux. Philippe Brun confie les placements à une caisse publique. Gabriel Attal laisse une place aux fonds privés. Deux approches, un même objectif : utiliser l’épargne pour soutenir l’économie.

La route vers un système mixte reste semée d’obstacles budgétaires. Mais l’idée fait son chemin dans les partis, y compris au PS. Les milliards d’euros en jeu pourraient bien changer la donne politique.

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